Le PUS, la réponse de l’Etat au défi de développement et de sécurité au Nord et au Sahel

D’un coût global de 455 milliards de F CFA, le Programme d’urgence pour le Sahel au Burkina Faso (PUS-BF) couvrant la période 2017-2020, se veut une réponse au double défi sécuritaire et de développement dans la région du Sahel et du Nord. Lancé le 4 août 2017 par le président Roch Marc Christian Kaboré, ce programme a été imaginé à partir du constat que la vulnérabilité des populations dans cette partie du pays est l’une des causes du terrorisme. Parce que la pauvreté est un terreau favorable à l’expansion du terrorisme, le PUS se donne pour ambition de réaliser notamment des infrastructures socio-économiques, en impulsant une dynamique de croissance, de création d’emplois et de richesse pour offrir aux sahéliens et sahéliennes une autre perspective que celle de la radicalisation, de l’extrémisme violent et du terrorisme. C’est ainsi que le programme prévoit, entre autres, la construction d’écoles, de collèges et lycées, la construction et l’équipement de centres de santé, la formation des jeunes, la réalisation de barrages et de forages, l’acquisition de matériel de sécurité pour renforcer les capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité.

Au 31 décembre 2018, le niveau d’exécution du PUS a été jugé satisfaisant. En effet, sur 285 activités programmées, 148 ont été entièrement exécutées au 31 décembre 2018, soit un taux d’exécution physique de 51,93%. Les dépenses engagées sur cette période, quant à elles, sont évaluées à 47,283 milliards FCFA, soit un taux de 44,06% des prévisions ajustées.

Le gouvernement entend redoubler d’efforts pour la mise en œuvre du programme au cours de l’année 2019. Cette année pour la zone initiale du programme (Région du Sahel et 4 communes de la région du Nord), les activités à réaliser sont évaluées à 147,360 milliards de FCFA dont 108,89 milliards francs CFA (74%) sont déjà acquis.
Le Conseil d’orientation du PUS a examiné, lors de sa dernière session, le projet de stratégie d’extension du PUS-BF à de nouvelles zones fragiles dans différentes régions affectées par l’extrémisme violent et la montée de l’insécurité. Il s’agit des communes à forte fragilité des régions du Nord, de la Boucle du Mouhoun, de l’Est, du Centre-Est et du Centre-Nord.

L’enveloppe globale pour ces nouvelles zones est fixée à 100 milliards  FCFA par an sur la période 2019-2021. Compte tenu de l’urgence d’agir, le Conseil d’orientation stratégique du programme a noté l’opportunité de passer rapidement à la mise en œuvre de la stratégie à travers l’élaboration de son plan d’action et l’opérationnalisation des dispositifs régionaux de coordination et de suivi du PUS-BF dans les nouvelles zones concernées.

La mise en œuvre du PUS se poursuit bien,malgré un contexte sécuritaire particulièrement volatile dans les zones d’intervention du programme. L’objectif affiché reste le même : « Sécurité et développement économique et social pour une prospérité partagée et durable dans le Sahel »

Le PADEL pour la promotion de la gouvernance locale

Le Programme d’Appui au Développement des économies locales (PADEL) a été lancé le 18 novembre 2016 à Dori par le président du Faso. Il vise le renforcement de la décentralisation et la promotion de la gouvernance. L’objectif à terme du PADEL est d’éliminer la pauvreté et réduire les inégalités entre les collectivités territoriales à l’horizon 2020.

Evalué à près de quatre cent milliards de FCFA (396 123 525 720 FCFA), avec un délai de mise en œuvre de trois ans, le PADEL est un programme qui fait des collectivités territoriales le moteur d’une croissance économique inclusive. Il entend ainsi offrir aux populations les plus vulnérables, un meilleur accès aux services sociaux de base, et à des activités génératrices de revenus durables, dont la finalité est l’amélioration de leur pouvoir d’achat. La région du Sahel, retenue comme région pilote, a bénéficié des principales interventions du programme.

Pour son opérationnalisation, le PADEL repose sur trois programmes ayant déjà produit des résultats probants. Il s’agit des programmes plateformes multifonctionnelles, filets sociaux, transformation et modernisation des entreprises informelles. Le programme est mis en œuvre à travers quatre composantes.
La première composante identifie des filières économiques porteuses. Il ressort que la filière viande et bétail est classée première, suivie de la filière niébé dans cette région. Les actions de cette composante ont permis de renforcer les activités de gestion de 797 promoteurs d’unités de production informelles, opérant dans divers secteurs d’activités.

La deuxième composante a pour axe les infrastructures socio-économiques au profit des communes, des populations et des entreprises de la région du Sahel. Cette composante a permis l’aménagement d’un périmètre irrigué de 2, 25 ha, avec un système d’adduction d’eau moderne à Dambam (commune de Markoye), la réalisation de 270 boutiques, 21 hangars de marché, deux marchés centraux et deux gares routières à Dori et à Seytenga.

La troisième composante concerne le recensement des ménages vulnérables en vue d’un soutien. La quatrième composante repose sur le financement des microentreprises promues par les femmes et les jeunes. Dans la commune de Falagountou près de 77 millions de FCFA ont été mobilisés pour plusieurs microprojets portés par des jeunes et des femmes.

Un bilan à mi-parcours de la mise en œuvre des activités du PADEL en 2018 indique un taux d’exécution physique globalement satisfaisant de 69%, et un taux d’exécution financière de 75, 61%. Au regard de ces résultats probants, le gouvernement a décidé d’étendre le programme dans six autres régions à savoir l’Est, la Boucle du Mouhoun, le Centre-Nord, le Nord, le Centre-Sud et le Centre-est.